Indice des fermages 2026 : 127,04 (+ 3,23 %), ce qui change pour votre loyer
L’arrêté du 11 août 2026, publié au Journal officiel du 13 août, fixe l’indice national des fermages à 127,04, en hausse de 3,23 % sur un an. Tous les fermages de France dont l’échéance tombe entre le 1er octobre 2026 et le 30 septembre 2027 doivent être actualisés à ce taux — automatiquement, sans négociation, et que le bail le prévoie ou non. Décryptage complet du chiffre, de son calcul, et mode d’emploi pour actualiser votre loyer sans erreur.
L’essentiel en 6 lignes
- Indice national des fermages 2026 : 127,04 (base 100 en 2009).
- Variation : + 3,23 % par rapport à l’indice 2025 (123,06).
- Texte : arrêté du 11 août 2026, JO du 13 août 2026 (JORF n° 0188).
- Application : échéances du 1er octobre 2026 au 30 septembre 2027.
- Coefficient à appliquer : 127,04 ÷ 123,06 = 1,03234.
- Exemple : un fermage de 4 500 € passe à 4 645,54 € (+ 145,54 €).
Ce que dit l’arrêté du 11 août 2026
Comme chaque été, le ministère de l’Agriculture a constaté par arrêté la valeur de l’indice national des fermages pour l’année en cours. L’arrêté du 11 août 2026, publié au Journal officiel du 13 août 2026 (JORF n° 0188, texte n° 13, NOR AGRT2618753A), a été pris sur le fondement des articles L. 411-11, R. 411-9-1, R. 411-9-2 et R. 411-9-3 du code rural et de la pêche maritime, après examen par la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation réunie le 7 juillet 2026.
Le texte est court mais il contient trois chiffres, et non un seul. C’est là que se joue la compréhension de la hausse :
| Indice constaté pour 2026 (base 100 en 2009) | Valeur | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Revenu brut d’entreprise agricole (RBEA) national à l’hectare | 126,85 | + 4,72 % |
| Prix du produit intérieur brut (PIB) | 127,32 | + 1,09 % |
| Indice national des fermages | 127,04 | + 3,23 % |
Comment obtient-on 127,04 ? Le calcul, pas à pas
Depuis la loi de modernisation de l’agriculture de 2010, l’indice est national et unique — les anciens indices départementaux ont disparu — et sa composition est verrouillée par la loi. Il combine deux ingrédients, dans une proportion invariable :
- 60 % : le revenu brut d’entreprise agricole national à l’hectare, apprécié sur les cinq dernières années. Ce lissage quinquennal est essentiel : il amortit les à-coups d’une campagne exceptionnelle, en bien comme en mal, et explique pourquoi l’indice réagit toujours avec retard à la conjoncture ;
- 40 % : l’évolution du niveau général des prix de l’année précédente, mesurée par l’indice de prix du PIB. C’est la composante « inflation ».
Appliqué aux valeurs de l’arrêté, le calcul se pose ainsi :
(126,85 × 60 %) + (127,32 × 40 %)
= 76,11 + 50,93
= 127,04
Puis, pour obtenir la variation applicable aux loyers : 127,04 ÷ 123,06 = 1,03234, soit + 3,23 %.
⚖️ Ce que dit la loi
L’article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime dispose que le loyer des terres nues et des bâtiments d’exploitation est actualisé chaque année selon la variation de l’indice national des fermages, composé à 60 % de l’évolution du revenu brut d’entreprise agricole à l’hectare constaté au plan national sur les cinq années précédentes, et à 40 % de l’évolution du niveau général des prix de l’année précédente. L’indice est constaté chaque année par arrêté du ministre chargé de l’agriculture. Cette règle est d’ordre public : une clause du bail qui prévoirait un autre mode d’indexation serait réputée non écrite.
Pourquoi une hausse aussi marquée cette année ?
La progression a surpris, y compris les organisations professionnelles, après une année 2025 quasiment atone (+ 0,42 %). L’explication tient presque entièrement à la composante agricole, et non à l’inflation.
L’inflation, elle, est faible. L’indice de prix du PIB ne progresse que de 1,09 %. À elle seule, cette composante aurait produit une hausse d’à peine plus de 0,4 point.
C’est le revenu agricole qui tire tout. Le RBEA national à l’hectare bondit de 4,72 %, et comme il pèse 60 % de l’indice, il apporte à lui seul près de 2,8 points des 3,23 %. Cette amélioration reflète le redressement des résultats économiques moyens des exploitations françaises, porté notamment par les productions animales, dont les cours ont été bien orientés.
Il faut toutefois lire ce chiffre pour ce qu’il est : une moyenne nationale, tous secteurs et toutes régions confondus, lissée sur cinq ans. Elle ne dit rien de la situation d’une exploitation céréalière touchée par la sécheresse, d’un vignoble en crise de mévente ou d’un élevage aux charges alourdies. C’est la limite structurelle du mécanisme : il indexe des loyers individuels sur une statistique agrégée.
📊 Le débat professionnel
Plusieurs organisations syndicales ont demandé le gel de l’indice pour 2026, faisant valoir que les fermages auront augmenté de près de 20 % entre 2022 et 2026 — précisément + 19,3 % en cumulant les cinq revalorisations depuis l’indice 2021 — dans un contexte de sécheresses répétées, de restrictions d’eau et de tensions de trésorerie. Le gouvernement n’a pas donné suite : l’indice est un constat statistique encadré par la loi, pas une décision d’opportunité. Sa modification supposerait un changement de texte, non un arbitrage ministériel.
Qui est concerné, et à partir de quand ?
L’indice publié à l’été s’applique aux échéances de fermage comprises entre le 1er octobre 2026 et le 30 septembre 2027. Trois précisions comptent :
- C’est la date d’échéance prévue au bail qui commande, et non la date de paiement effectif. Un fermier qui règle avec deux mois de retard une échéance du 15 septembre 2026 reste sous l’indice 2025.
- L’actualisation joue de plein droit. Elle n’a pas à être négociée, ni acceptée, ni même mentionnée dans le bail. Ni le bailleur ni le preneur ne peuvent s’y soustraire.
- Elle concerne les terres nues et les bâtiments d’exploitation. La maison d’habitation louée avec la ferme suit un autre indice (voir plus bas).
Concrètement : une échéance au 11 novembre 2026 (date de Saint-Martin, très fréquente dans les baux) est actualisée avec l’indice 2026 ; une échéance au 1er mars 2027 également ; une échéance au 29 septembre 2026 relevait encore de l’indice 2025.
Mode d’emploi : actualiser votre fermage sans erreur
La formule
Fermage 2026 = fermage de l’échéance précédente × (127,04 ÷ 123,06)
soit : fermage précédent × 1,03234
Cette formule ne dit rien du montant de départ : sur la façon dont le fermage est fixé à l’origine, entre les minima et maxima de l’arrêté préfectoral, voir notre fiche sur le calcul du fermage — et, pour le contrat lui-même, conclure un bail rural.
Trois exemples chiffrés
| Situation | Échéance 2025 | Échéance 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Fermage à l’hectare | 200,00 €/ha | 206,47 €/ha | + 6,47 € |
| Petite propriété (≈ 25 ha) | 4 500,00 € | 4 645,54 € | + 145,54 € |
| Exploitation de 80 ha à 185 €/ha | 14 800,00 € | 15 278,66 € | + 478,66 € |
La règle d’or : repartir du bon montant
L’actualisation est une chaîne. On applique le coefficient au fermage effectivement dû à l’échéance précédente — jamais au fermage d’origine inscrit dans le bail. Une erreur commise une année se propage mécaniquement à toutes les suivantes, et l’écart grandit d’année en année. Avant d’appliquer l’indice 2026, il est donc prudent de vérifier que le montant 2025 était lui-même exact.
💡 Bonne pratique
Adressez chaque année à votre fermier un appel de fermage écrit mentionnant l’ancien montant, l’indice appliqué, le coefficient et le nouveau montant. Ce courrier vaut décompte, facilite le suivi comptable des deux parties et constitue une preuve précieuse en cas de désaccord ultérieur. Le cabinet établit ces appels pour les propriétés dont il assure la gestion : aucune actualisation n’est jamais perdue.
Huit ans d’indice des fermages : la trajectoire
Replacer 2026 dans la série longue éclaire le débat en cours. Après deux années de forte poussée inflationniste (2023 et 2024), une pause en 2025, l’indice repart nettement à la hausse — mais cette fois pour une raison différente.
| Année | Indice | Variation | Échéances concernées |
|---|---|---|---|
| 2019 | 104,76 | + 1,66 % | 1er oct. 2019 → 30 sept. 2020 |
| 2020 | 105,33 | + 0,54 % | 1er oct. 2020 → 30 sept. 2021 |
| 2021 | 106,48 | + 1,09 % | 1er oct. 2021 → 30 sept. 2022 |
| 2022 | 110,26 | + 3,55 % | 1er oct. 2022 → 30 sept. 2023 |
| 2023 | 116,46 | + 5,63 % | 1er oct. 2023 → 30 sept. 2024 |
| 2024 | 122,55 | + 5,23 % | 1er oct. 2024 → 30 sept. 2025 |
| 2025 | 123,06 | + 0,42 % | 1er oct. 2025 → 30 sept. 2026 |
| 2026 | 127,04 | + 3,23 % | 1er oct. 2026 → 30 sept. 2027 |
Sur la période, un fermage de 100 € en 2021 vaut 119,31 € après l’échéance de 2026 : c’est la mesure exacte de la hausse cumulée de 19,3 % invoquée dans le débat professionnel.
Ce que l’indice ne concerne pas
Quatre situations échappent, totalement ou partiellement, à l’indice national des fermages. Les confondre est l’erreur la plus fréquente dans les dossiers que nous examinons.
- La maison d’habitation. Lorsque le bail rural comprend un logement, son loyer est actualisé selon l’indice de référence des loyers (IRL) publié par l’INSEE, et non selon l’indice des fermages. Un bail bien rédigé distingue les deux composantes dès l’origine, avec un montant propre à chacune ; à défaut, la ventilation devra être reconstituée.
- Le métayage. Le métayer ne verse pas un loyer en argent mais une part de récolte (le plus souvent le tiers). La rémunération du bailleur suit donc la production et les cours, sans passer par l’indice.
- Les fermages payables en denrées. La loi n° 95-2 du 2 janvier 1995 a imposé l’expression du fermage en monnaie — mettant fin aux loyers en quintaux de blé — mais elle a maintenu une exception pour les terres portant des cultures permanentes viticoles, arboricoles, oléicoles et agrumicoles, ainsi que pour les bâtiments d’exploitation qui s’y rattachent : le loyer peut y rester fixé en une quantité de denrées, typiquement en bouteilles ou en hectolitres de vin. La valeur suit alors le produit, pas l’indice. Cette faculté reste encadrée par les usages locaux et l’arrêté préfectoral.
- Les mises à disposition gratuites. Un prêt à usage (commodat), par définition sans contrepartie, ne comporte ni fermage ni indexation. C’est précisément ce qui le distingue du bail — et ce qui le prive des protections du statut du fermage.
Cinq points de vigilance pour cette échéance
1. Les actualisations oubliées se rattrapent — dans la limite de cinq ans
Beaucoup de bailleurs encaissent depuis des années le même montant, sans jamais avoir appliqué l’indice. Le rattrapage est possible : on recalcule le fermage exact année par année et l’on réclame les compléments. Mais la prescription quinquennale applicable aux loyers et fermages fait obstacle à toute réclamation au-delà de cinq ans. Un décompte précis, année par année, est indispensable avant d’écrire au fermier. Avec l’indice 2026, le manque à gagner d’un bailleur inattentif s’aggrave sensiblement.
2. Une longue tolérance ne vaut pas renonciation
Les tribunaux jugent de manière constante que l’actualisation s’opère de plein droit : le bailleur qui ne l’a pas réclamée n’y a pas renoncé pour autant, et le preneur ne peut opposer une tolérance ancienne au rétablissement du montant exact — sous la seule réserve de la prescription. Symétriquement, le bailleur ne peut exiger aucune majoration autre que celle résultant de l’indice.
3. Actualiser n’est pas encaisser
L’indice fixe le montant dû ; encore faut-il qu’il soit payé. Si l’échéance actualisée reste impayée, la procédure de l’article L. 411-31 du code rural s’applique : deux défauts de paiement, chacun ayant persisté trois mois après une mise en demeure adressée par lettre recommandée avec accusé de réception postérieurement à l’échéance, ouvrent la voie à la résiliation du bail. Un paiement partiel n’est pas libératoire, et un règlement intervenu après l’expiration du délai de trois mois n’efface pas la faute. Dans un contexte de trésoreries tendues, la vigilance sur les encaissements de l’automne 2026 sera d’autant plus utile.
4. Indexation ≠ révision
Si le fermage lui-même paraît décroché de la valeur locative réelle — parce qu’il a été mal fixé à l’origine, ou que la consistance du bien a changé — l’indexation n’y remédiera pas : elle ne fait que reporter l’écart d’année en année. C’est une autre procédure qui s’ouvre alors, la révision du prix du fermage (article L. 411-13 du code rural), ouverte au cours de la troisième année de jouissance lorsque le prix s’écarte d’au moins un dixième de la valeur locative. Attention : le délai court à compter de l’entrée en jouissance et non de la signature, et l’action n’est ouverte qu’une fois par bail — elle se rouvre à chaque renouvellement. Les deux mécanismes sont indépendants et ne se substituent pas l’un à l’autre.
5. Vérifier le cadre préfectoral
Le fermage initial doit se situer entre les minima et maxima fixés par arrêté préfectoral dans chaque département, selon la nature des terres, la durée du bail et l’état des bâtiments. L’actualisation annuelle par l’indice ne remet pas ce cadre en cause, mais toute renégociation, tout renouvellement ou tout nouveau bail signé cet automne doit s’y conformer. Les arrêtés sont révisés périodiquement : mieux vaut travailler sur la version en vigueur au moment de la signature.
Questions fréquentes
Quel est l’indice des fermages 2026 ?
L’indice national des fermages 2026 s’établit à 127,04 (base 100 en 2009), en hausse de 3,23 % par rapport à l’indice 2025 (123,06). Il a été constaté par l’arrêté du 11 août 2026, publié au Journal officiel du 13 août 2026, et s’applique aux échéances de fermage comprises entre le 1er octobre 2026 et le 30 septembre 2027.
Comment calculer mon nouveau fermage ?
Multipliez le fermage effectivement dû à l’échéance précédente par 127,04 ÷ 123,06, soit 1,03234. Un fermage de 6 000 € devient ainsi 6 194,05 €. Repartez toujours du montant de l’année précédente, jamais du montant d’origine du bail.
L’actualisation est-elle obligatoire ?
Oui. L’article L. 411-11 du code rural prévoit que le fermage des terres et bâtiments d’exploitation est actualisé chaque année selon la variation de l’indice national. Cette règle est d’ordre public : une clause prévoyant un autre mode d’indexation serait réputée non écrite. Le bailleur peut renoncer à réclamer la hausse, mais il ne peut lui substituer un autre calcul.
Mon bail ne mentionne aucune indexation. Suis-je concerné ?
Oui. L’actualisation s’applique de plein droit, que le bail la prévoie ou non, et même s’il est verbal. Le silence du contrat est sans effet sur le mécanisme légal.
Puis-je rattraper des actualisations oubliées ?
En partie. Vous pouvez recalculer le fermage exact et réclamer les compléments dans la limite de la prescription de cinq ans applicable aux loyers et fermages. Au-delà, les sommes sont définitivement perdues. Un décompte année par année est indispensable avant toute réclamation.
Le fermier peut-il contester la hausse ?
Il peut contester le calcul — montant de départ erroné, indice mal appliqué, mauvaise période — mais non le principe ni le taux, qui résultent d’un arrêté ministériel. En cas de désaccord persistant, le litige relève du tribunal paritaire des baux ruraux, précédé d’une tentative de conciliation.
Et le loyer de la maison d’habitation ?
Il suit l’indice de référence des loyers (IRL) de l’INSEE, à une autre périodicité et à un autre taux. Si votre bail globalise les deux loyers sans les distinguer, une ventilation est nécessaire : c’est un point à régulariser, idéalement au prochain renouvellement.
Vos fermages sont-ils à jour ?
Vérification des montants dus, reconstitution des actualisations oubliées, décompte de rattrapage, appels de fermage annuels, ventilation terres / habitation : le Cabinet DK remet vos comptes à jour et sécurise chaque échéance. Expert foncier et agricole depuis 1980, le cabinet intervient en Île-de-France, en Bretagne et en Rhône-Alpes.
Article publié le 14 août 2026. Sources : arrêté du 11 août 2026 constatant pour 2026 l’indice national des fermages (JORF n° 0188 du 13 août 2026) ; articles L. 411-11 et R. 411-9-1 à R. 411-9-3 du code rural et de la pêche maritime. Information générale ne constituant pas un conseil juridique personnalisé : consultez le cabinet pour l’analyse de votre situation.

Article Précédent