Bail de chasse et indemnisation des dégâts de gibier : ce que doit savoir un propriétaire
Sur un domaine rural, le droit de chasse est un attribut de la propriété trop souvent négligé. Qu’il s’agisse de le conserver, de le louer via un bail de chasse ou de gérer les dégâts causés par le gibier sur des cultures exploitées en bail rural, ce sujet touche directement la valeur d’usage d’une propriété et la relation entre propriétaire, preneur et fédération de chasseurs. Voici les principaux repères à connaître.
L’essentiel en 4 points
- Droit de chasse : appartient par principe au propriétaire du fonds ; distinct du droit de chasser, qui suppose un permis de chasser valide.
- Bail rural : sauf clause contraire, le preneur bénéficie du droit de chasser sur les parcelles louées, en tant qu’accessoire du bail.
- Dégâts de gibier : indemnisation par la fédération départementale des chasseurs (FDC), à réclamer dans un délai de 6 mois.
- Bail de chasse : contrat distinct du bail rural, à négocier dès l’origine (durée, loyer, gestion du gibier, responsabilités).
Le droit de chasse, un attribut du droit de propriété
En droit français, le droit de chasse appartient par principe au propriétaire du fonds. Il peut l’exercer lui-même, le céder à un tiers par bail de chasse, ou encore le partager avec d’autres. Ce droit est juridiquement distinct du droit de chasser, qui suppose en plus la détention d’un permis de chasser valide. Un propriétaire peut donc détenir le droit de chasse sur ses terres sans pour autant exercer lui-même l’activité.
Bail rural et droit de chasse : qui en bénéficie ?
La situation se complique lorsque les terres sont données à bail rural à un exploitant agricole. Sauf clause contraire prévue au bail, le preneur du bail rural bénéficie du droit de chasser sur les parcelles louées, en tant qu’accessoire du bail.
⚠️ À anticiper
Le propriétaire qui souhaite conserver la maîtrise de son droit de chasse — par exemple pour le louer séparément à une société de chasse ou l’exercer lui-même — doit impérativement le prévoir de façon explicite dans le bail rural dès sa rédaction. À défaut, toute clause visant à restreindre a posteriori ce droit peut être fragilisée juridiquement.
Le bail de chasse : un contrat à part entière
Lorsque le propriétaire souhaite valoriser son droit de chasse sans l’exercer lui-même, il peut conclure un bail de chasse avec une société de chasse, une association ou des particuliers. Ce contrat, distinct du bail rural, doit préciser :
| Élément du contrat | Contenu |
|---|---|
| Durée | Généralement fixée pour plusieurs années afin de permettre une gestion cynégétique cohérente. |
| Loyer | Libre entre les parties, fonction de la qualité du territoire chassé. |
| Gestion du gibier | Plans de chasse et obligations de régulation de certaines espèces. |
| Responsabilités | Répartition en cas de dégâts causés aux cultures voisines par le gibier présent sur le territoire loué. |
Dégâts de gibier : qui indemnise l’agriculteur ?
Lorsque des cultures sont endommagées par le grand gibier — sangliers en tête des espèces concernées — le système d’indemnisation repose principalement sur les fédérations départementales des chasseurs (FDC).
Délai pour demander l’indemnisation auprès de la FDC, à compter de la constatation des dégâts
6 mois
💡 À savoir
- L’exploitant agricole victime de dégâts peut demander réparation auprès de la fédération départementale des chasseurs, que le titulaire du droit de chasse soit ou non le locataire des terres ;
- Le fait que l’exploitant exerce lui-même le droit de chasse sur ses parcelles est pris en compte dans le calcul de l’indemnisation, ce qui peut la minorer ;
- Ce mécanisme, mutualisé au niveau départemental, dispense en principe le titulaire du droit de chasse d’indemniser lui-même les dégâts, sauf clause contractuelle contraire prévue dans le bail de chasse.
Pourquoi bien rédiger la clause chasse dans un bail rural
De nombreux litiges entre propriétaires et exploitants agricoles trouvent leur origine dans une clause chasse absente ou mal rédigée au moment de la signature du bail rural. Un propriétaire souhaitant se réserver le droit de chasse, le louer à un tiers ou en partager l’usage avec le preneur doit formaliser précisément ces arrangements dès l’origine, plutôt que de tenter de les renégocier en cours de bail — période durant laquelle le rapport de force est structurellement moins favorable au bailleur, le statut du fermage protégeant fortement le preneur en place.
Que faire en cas de désaccord sur le droit de chasse ?
En cas de litige entre bailleur et preneur sur l’exercice ou la répartition du droit de chasse, la première étape consiste à relire précisément les termes du bail rural ou du bail de chasse en vigueur, ainsi que le règlement intérieur éventuel de la société de chasse locale. À défaut d’accord amiable, le recours à un expert foncier pour objectiver la situation, voire une conciliation devant le tribunal paritaire des baux ruraux, permet souvent de dénouer la situation sans dégrader durablement la relation entre les parties, essentielle à la bonne gestion du domaine sur le long terme.
Un enjeu de valorisation patrimoniale
Au-delà de l’aspect réglementaire, un droit de chasse bien structuré et loué dans de bonnes conditions représente une source de revenus complémentaire non négligeable pour un propriétaire de domaine rural, tout en contribuant à la gestion équilibrée de la faune sauvage sur le territoire. À l’inverse, un droit de chasse mal encadré peut être source de tensions récurrentes avec les exploitants agricoles voisins ou en place, notamment en cas de dégâts répétés.
En résumé
Le droit de chasse est un attribut patrimonial à part entière, trop souvent traité en marge des autres enjeux de gestion d’une propriété rurale. Qu’il s’agisse de la rédaction d’un bail rural, de la conclusion d’un bail de chasse ou de la gestion des dégâts de gibier, une approche anticipée et bien formalisée évite l’essentiel des litiges.
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Article publié le 20 août 2026. Indemnisation des dégâts de gibier gérée par les fédérations départementales des chasseurs, dans un délai de réclamation de six mois à compter de la constatation des dégâts. Information générale ne constituant pas un conseil juridique personnalisé : consultez le cabinet pour l’analyse de votre situation.

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